Au sol, plusieurs sachets d’eau vides, des gazes, seringues et gants souillés, des poubelles qui ne sont plus disponibles, d’autres qui débordent. Pas de nouveaux dossiers disponibles: il y a grève à l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH). Le 11 juillet 2017, a débuté à l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH), la grève que des rumeurs ont annoncée à maintes reprises.
Le décor se plante chaque jour un peu plus. Les immondices croissent, la poussière gagne du terrain, les salles sont désertes et des affiches sont ici et là quand on arpente les couloirs de l’HUEH. Elles portent les revendications signées par le syndicat des travailleurs de la santé (STS) de l’HUEH. Cette structure qui regroupe principalement les ouvriers de l’hôpital ne compte pas le personnel soignant (médecins – infirmières) dans ses rangs. Les membres de cette association réclament un meilleur ajustement de leur salaire en faisant référence à des augmentations qu’il y aurait eues pour les autres professionnels oeuvrant dans le domaine de la santé.
Selon les notes, ils ne recevraient que 1100 gourdes d’augmentation de salaire, ce qui est maigre par rapport aux montants reçus par les autres employés. Des montants avancés dans la presse faisant état des salaires des différents professionnels oeuvrant pour le compte du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) et des ajustements qu’ils auraient. Le MSPP a porté un démenti. La mauvaise information qui circulait laissait croire que les chèques des résidents passeraient de 20 000 à 24 000 gourdes. Mais d’où viennent ces chiffres? Le dernier mois pour lequel les résidents ont reçu leurs frais est celui de janvier 2017 et les montants à tirer étaient de 12 600, 13 500, 14 400 et 15 300 gourdes respectivement pour les résidents I, II, III et IV.
Contrairement à ce que suppose une grande partie de la population, le personnel soignant de l’HUEH n’est pas en grève. Les résidents, internes et infirmières continuent à prendre soin des patients encore hospitalisés ou qui attendaient une intervention chirurgicale annulée à cause de la grève. Les nouveaux patients ne peuvent pas voir un médecin à l’HUEH parce que le personnel devant fournir les dossiers (travail administratif indispensable) n’est pas disponible. Les stages des étudiants de la Faculté de Médecine et de Pharmacie sont perturbés. Ceux qui n’ont que l’HUEH comme recours sont livrés à eux mêmes.
Déjà onze jours depuis que la grève du STS sévit à l’hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti, on n’en parle pas beaucoup. La direction dudit hôpital ne se prononce pas. Le STS veut une augmentation de salaire au delà des 1100 gourdes qu’ils ont eu le privilège d’apprendre sans aucun avis officiel. De combien doit-être cette augmentation pour satisfaire les syndicalistes? Le MSPP n’a fait que démentir les salaires et frais divulgués informant qu’il y a une équipe travaillant effectivement sur cette question. Les négociations se feraient-elles en coulisse?
De leurs côtés, les résidents et les internes n’adhèrent pas à ce mouvement de grève. Ils souhaitent une issue rapide à cette crise pour permettre la reprise des activités de l’HUEH tout en espérant que les autorités prennent le temps de trouver des solutions durables pour prévenir la survenue de nouveaux arrêts de travail.
Peterly Philippe