L’intelligence artificielle et l’avenir de la médecine en Haïti, on en parle…

Des jeunes très enthousiastes à la salle de conférence de la faculté de Médecine et de Pharmacie de l’UEH ont participé au débat sur l’avenir de la médecine et les opportunités offertes à partir de l’intelligence artificielle. Ce vendredi 11 janvier 2019, l’invitation a été signée Djinaud Prophète,  Président, Directeur général et fondateur de RADIOKAM qui a su réunir le chercheur en intelligence artificielle Ben-Manson Toussaint et Ralph E. François.

Ben-Manson et Ralph ont su capter l’attention du public composé d’étudiants en médecine, de médecins et de jeunes entrepreneurs. Ils ont pu faire lumière sur l’’intelligence artificielle et ses apports dans le monde de la médecine. C’était l’occasion de montrer à quel point une adaptation aux nouvelles technologies peut permettre un meilleur apprentissage dans le milieu médical et aussi de mieux servir les patients.

Ralph est un sociologue avec une maitrise en gestion des risques et des désastres. Il est le président, directeur général et fondateur de COCREAD qui est une entreprise communautaire travaillant au renforcement de la capacité des jeunes filles dans le domaine de la programmation et la robotique. Ralph est l’un des seize brillants jeunes qui ont bénéficié de la bourse “Yale World Fellows” à travers le monde. Il a pris le temps de montrer comment la collaboration des experts de chaque domaine est importante pour apporter des nouveautés en utilisant l’intelligence artificielle.

Ben-Masnon est chercheur en intelligence artificielle. Consultant à Google, il est président, directeur général et Co-fondateur de SeeknCheck Il a une grande expérience dans l’utilisation de l’intelligence artificielle au niveau de la médecine. Le partage de son travail de recherche au Centre Hospitalo-Universitaire de Grenoble a montré combien il faut une symbiose entre personnel médical et les programmeurs pour avoir de meilleurs résultats.

Il n’a pas manqué de saluer le courage du Djinaud pour son initiative, le Start-Up RADIOKAM qui vise à permettre à des personnes se trouvant surtout dans des zones reculées et sans spécialistes d’avoir accès à l’avis d’un radiologue en temps réel. Djinaud Prophète est un médecin évoluant dans le champ de la radiologie qui a remarqué combien ces spécialistes étaient rares. Jeune entrepreneur, il a trouvé le moyen de créer une plateforme qui puisse permettre à toute personne ayant des images radiologiques, peu importe l’endroit où elle se trouve, d’avoir à sa disposition des radiologues pour l’interprétation : RADIOKAM.

Les deux spécialistes en intelligence artificielle ont mis l’accent sur les avancées qui se font maintenant avec l’intelligence artificielle dans le domaine de la médicine. Ils se disent prêts à aider ceux qui veulent se lancer dans l’utilisation de l’intelligence artificielle. Il faudra bien qu’Haïti décide de ne pas rester à la traine et d’investir dans l’intelligence artificielle.

Les participants sont sortis satisfaits et attendent les nouvelles invitations à des conférences de ce genre pour embrasser le futur en élargissant les horizons.

ActMed

Le football pour les amputés, comment?

Notre sélection  nationale a fait assez bonne figure au Mexique à la coupe du monde de football des amputés en terminant à la cinquième place. Vous devriez peut –être regarder  les matchs pour noter les différences par rapport aux rencontres auxquelles vous êtes habitués.

Les règles qui régissent le football pratiqué par les amputés ont certaines différences par rapport au football traditionnel. Pour commencer, il y avait seulement deux arbitres de champ et un à l’extérieur du terrain responsable des changements. Certains matchs peuvent se jouer avec un seul arbitre de champ. Pas de juge de lignes, il n’y pas de « hors-jeu » dans ces rencontres.

Ensuite, les équipes peuvent avoir 15 joueurs mais seulement 12 s’habillent pour le match. Pour eux, le football ne se joue pas à 11 contre 11 , mais à 7 contre 7, 6 joueurs de champ et un gardien de but.

Ces joueurs sont  des personnes qui ont perdu une partie d’un membre inférieur à partir du dessus de la cheville ou du membre supérieur à partir du dessus du poignet. Peut se joindre aussi aux équipes toute personne qui n’est pas cliniquement amputée mais qui possède une agénésie de naissance, ou encore qui a le membre conforme anatomiquement mais qui est entièrement non fonctionnel.

Seules les personnes ayant des déficits au niveau d’un membre inférieur peuvent être des joueurs de champ. Les gardiens peuvent avoir les deux membres inférieurs conformes anatomiquement mais ont alors leurs déficits au niveau du membre supérieur.  Les joueurs ne peuvent toucher le ballon avec le membre amputé et le gardien doit garder le membre amputé sous le maillot.

 Les équipes ne peuvent aligner plus de deux joueurs qui ne sont pas cliniquement des amputés au même moment sur le terrain si elles en comptent dans leurs rangs. Les officiels de la rencontre et le staff technique adverse doivent être avisés de la présence de ces joueurs dans l’équipe.

Les joueurs doivent se défaire des prothèses  avant le début du match. Ils utilisent des béquilles faites en matières non dangereuses pour les joueurs et qui n’arrivent pas sous les aisselles. Elles doivent être recouvertes d’un adhésif aux couleurs de l’équipe dans les 40 derniers centimètres.  Si les deux gardiens sont expulsés ou choqués un joueur de champ joue le rôle de gardien mais doit avoir un des membres supérieurs sous le maillot.

Et, concernant le terrain, le nombre de joueurs est plus petit, il l’est aussi. Pensez à la surface de jeu du Camp Nou qui fait 68 x 105 m, ils ont joué sur des terrains qui n’en font même pas la moitié. Les terrains sont en moyenne de 60 x 40 m. Le rond central n’a pas un rayon de 9.15m mais de 6 m et c’est la distance que la défense adverse doit respecter lors des coup-francs, au lieu du 9.15 m. Il n’y  pas une surface de but et une surface de réparation mais une seule surface de but de 10 m x 8 m. La longueur est parallèle à la ligne de but et le point de pénalité se trouve à 8 m et non à  11m, en ce sens;  il se trouve directement sur la longueur de la surface de but. Les gardiens doivent protéger des cages plus petites par rapport à celles de Buffon ou Ter tsegen qui sont de 7.3 m x 2.4m. Elles sont de 5m x 2.2m.

Lors de la mise en jeu du ballon après une sortie de but, le ballon est placé n’importe où dans la surface de but. Les rentrées de touche se font au pied. Les joueurs n’ont pas le droit de toucher le ballon avec les membres amputés ou les béquilles. Les tacles glissants ne sont pas admis.

Assez loin des 45 minutes, chaque période dure 25 minutes. Et même, chaque entraîneur peut arrêter le match une fois par mi-temps pendant une minute pour donner des instructions à ses joueurs.  La pause est de 10 minutes entre les mi-temps.  Les mi-temps de prolongations durent 10 minutes, les équipes ont le doit encore à un time-out de une minute par période.

Vous pouvez maintenant encourager plus d’amputés `à rester actifs en  jouant au football dans les règles. Peut-être sont-ils ceux qui nous apporteront la coupe du monde.  Qui sait?

Peterly Philippe

Philippepeterly@yahoo.fr

L’Hôpital général a lui aussi perdu ses masqes du carnaval…

Mercredi 14 février 2018, c’est mercredi des cendres. Certains font croire que ce jour là on brûle les masques qui ont servi de déguisement durant le carnaval. A Port-au-Prince, au Champ de Mars, il y a comme un acharnement pour se débarrasser du décor posé pour accueillir les bamboches des trois jours gras. 

A dire vrai, certains se sont bien amusés au point de continuer les festivités jusqu’au mercredi tard dans la matinée, des heures après la clôture officielle. Bien que le carnaval soit reconnu comme un moment de défoulement national, il s’accompagne souvent de victimes. Il faut compter : les blessures    par arme blanche, par balles, par objet contandant, les crises d’asthme, les crises d’hystérie, les overdoses, ceux qui ont les roues d’un char sur un membre….

Il est du devoir de l’Etat de protéger les citoyens et particulièrement les fêtards. Ainsi, des dispositions ont été prises pour que les personnes en nécessité soient rapidement secourues. On pouvait compter parmi les points d’urgence aménagés, le centre de la Croix Rouge, Le centre du Ministère de la Santé Publique aménagé au kiosque Occide Jeanty et le Stand de soins médicaux de l’Ofatma. De plus, Il y avait des ambulances à proximité du parcours du défilé carnavalesque.

Pas loin de l’ère des festivités, l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH) communément appelé “Hôpital général” a été préparé pour mieux répondre aux besoins des circonstances. La grande salle qui sert d’hospitalisation pour les patients les plus urgents du Service de Médecine Interne a été vidée. Cette salle, avec le réaménagement de l’hôpital pour la reconstruction a été créée pour recevoir les urgences des différents services de l’hôpital.

Ce dimanche graspremier jour du carnaval, la différence sautait aux yeux. La salle était vide. Les lits étaient couverts de draps blancs. Des bonbonnes d’oxygène si rares d’habitude étaient disponibles. Il se trouvait même dans la salle une étagère donnant accès immédiat à certains matériels de premiers soins. Mêmes des médecins de service étaient debout toute la nuit aux urgences. Le décor était le même pendant les trois jours du carnaval. Les parents des patients n’ont pas eu à faire le tour des pharmacies à proximité de l’hôpital pour se procurer des médicaments.

Une semaine après le carnaval, les cardiaques, victimes d’hypertension ou de diabète mal contrôlés ont totalement repris la salle. Les internes les résidents sont redevenus multitâches. Les parents des malades ont recommencé à trainer leurs prescriptions de gants, solutés ou autres dans les pharmacies à l’extérieur de l’hôpital. Les draps blancs ont disparu, laissant à nu les matelas sales à la charge des parents des patients.

Les changements n’étaient pas permanents. Faut croire que les draps, les intrants et matériels qui se trouvaient sur place ne constituaient pas le témoignage de la bonne marche de l’hôpital mais les déguisements qui vont de pair avec le carnaval. L’HUEH a lui aussi porté ses couleurs des trois jours gras.

Peterly Philippe

 

Le carnaval est lancé, 5 choses que vous devez savoir sur l'”Hôpital général” surtout si vous sortez…

Il est déjà 14 janvier de l’année 2018, les préparatifs vont bon train pour les festivités du premier dimanche précarnavalesque à Port-au-Prince.  Le carnaval s’accompagne souvent ou trop souvent de blessés. La liste des DJs est connue ainsi que l’ordre selon lequel ils vont defiler. Les dispositions prises (si elles existent) pour protéger les fêtards ou encore soigner ceux qui necessiteront un accompagnement médical, ne sont pas encore divulguées. L’hôpital général est un recours non négligeable. Avant de commencer la fête, il faut savoir que:
1.- L’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (Lopital Jeneral), fonctionne depuis 2010 à capacité réduite. Les locaux ont été sévèrement endommagés. Les nouveaux bâtiments en construction ne seront prêts que dans onze mois.
2.- L’hôpital fonctionne tous les jours 24/24 pour les urgences. Des médecins de différents niveaux sont toujours disponibles pour prendre en charge les divers cas qui se présentent. Il demeure donc une référence pour les urgences de toute sorte.
3.- Les soins d’urgence y sont gratuits. Le dossier des urgences, présenté sur une feuille jaune, est donné gratuitement au patient. Cela lui permet d’ acceder au dispensaire qui l’orientera vers le service spécialisé nécessaire.
4.- La consultation ou quelle que soit l’intervention medicale se fait gratuitement. Cependant, assez souvent viennent à manquer les matériels nécessaires. Donc pour être examiné, c’est au patient oú à la personne qui l’accompagne de se procurer des moindres matériels de base(Gants , seringue …) Dans les pharmacies des environs.
5.- Aucune disposition particulière n’est prise au niveau de l’hôpital général. Ce qui implique que l’accueil aux urgences ne sera pas different s’il y a des victimes.
Aussi,il est à noter que le centre traumatologique “N’ap kenbe” des Médecins Sans Frontières (MSF) qui aidait grandement, garde de moins en moins de malades. Beaucoup d’entre eux sont redirigés vers l’hôpital Général.
Chers canavaliers,Il y a de quoi penser aux options que vous avez pour assurer votre sécurité.

Actmed

Ou panse ou bezwen wè dantis ou pou yon pwofilaksi?

Ou san dout tande pale de fè yon pwofilaksi kay yon dantis si pou pa fè l deja. Ou konn enpòtans li ak sa li ye?

Souvan pasyan vini kay dantis, lè dantis la mande l poukisa li vini, li reponn se pou netwayaj. Pwofilaksi, ke vrè tèm nan se detatraj ( detatraj ak sifasaj), se yon pwosesis ki la pou retire tat ak tach nan bouch moun nan. Se youn nan premye travay ke dantis lan fè pou pasyan an si se pa yon ijans ki mennen li nan klinik la.

Kouman li fèt?

Apre ke dantis la fin evalye bouch pasyan an, li prepare yon plato ki gen yon bann enstriman file ke yo rele kirèt, li gen yon miwa, yon sond pawodontal, yon gratwa ak yon presèl. Sa rive tou ke yo fè l ak yon pyès motorize. Rejyon apre rejyon, dantis la netwaye tout bouch pasyan an. Li retire tout tat ak tach yo, li fè yon bwosaj pou li epi li pase fil dantè.

Depi nou pale de pwofilaksi, nou pale de tat, kisa tat la ye?

Tat la se kras manje ke bwòs pa rive retire ki jou apre joun semenn apre semenn, mwa apre mwa e menm ane apre ane kèk fwa ki vin di epi rete sou dan an byen kole. Pafwa li konn pran fòm dan an trè byen. Li ka anwo jansiv la tankou li ka anba jansiv tou. Li se yon nich pou bakteri e bakteri sa yo ka lakoz anpil dega.

Ki enpòtans pwofilaksi a?

Kòm pwofilaksi a retire tat yo ki ka lakoz gwo pwoblèm, li vin yon travay ki enpòtan anpil. Tat yo, presizeman bakteri ki ladan yo ka bay kari ( lè yo jwenn sik pandan anpil tan), yo ka bay maladi parodontal, yo ka lakoz move lodè na bouch (lè bakteri yo mouri, lèyo dekonpoze kèk lòt sibtans ak lè yo poupou nan nich la), yo ka bay pwoblèm tou kay kèk moun ki frajil tankou moun ki malad nan kè, fanm ansent epi tou, yo ka koze tou kèk pwoblèm nan aparèy respiratwa a. Se youn nan rezon ki fè yo rele li pwofilaksi paske li prevni anpil lòt pwoblèm.

Se yon travay ki ka dire apeprè 30 minit, li pa vrèman gen doulè ladan.

Atansyon: pwofilaksi a pa blanchiman ni li pa restorasyon. Fòk pasyan an konnen byen ke lè li fin fè pwofilaksi a dan an p ap vin blan epi kari yo p’ap soti. Pwofilaksi an retire sèlman tach ki sou dan yo tankou tach nikotin ( ke nou jwenn nan sigarèt), kafeyin, eksetera… Li pa retire tach ki pwòp ak anomali ke dan ak ka genyen.

Pou kenbe nouch nou pwòp e an sante, vizite dantis nou regilyèman e fè yon pwofilaksi pou pi piti chak 6 mwa.

Yasie Yonel AAPOLLON JANVIER, Chirijyen dantis

L’Hôpital Universitaire de Mirebalais connaît ses nouveaux résidents.

Depuis plusieurs années l’Hôpital Universitaire de Mirebalais (HUM) occupe une grande place dans la formation spécialisée des médecins en Haïti. Les programmes de résidence accessibles sont : la médecine interne, la chirurgie, la pédiatrie, l’Obstétrique-gynécologie, la médecine d’urgence et la médecine familiale. Après un examen écrit et une interview parmi les meilleures notes, le choix des nouveaux résidents est fait.

A l’approche de la nouvelle année universitaire en octobre, l’HUM a déjà ses nouveaux résidents. Si aucun d’eux ne désiste pas, en médecine interne ils seront :

  • Carl Fréderic Duchatelier
  • Davidson Laneau
  • Jean Joël Manassé
  • Claudy Augustin
  • Grassendy Arthur Edmon.

Les nouveaux admis en médecine d’urgence sont:

  • Wesner Junior Jacotin
  • Cécile Gaétana Vixamar
  • Ponose Cebe
  • Rachelle Beauvoir
  • Itelait Joseph
  • Antoine Medad Gédéon.

En chirurgie, les médecins suivants ont été admis :

  • Dadiny Desrosiers
  • Junior Oriol
  • Brendy Marc Henry Poliard
  • Benghiskane Pierre Paul

En pédiatrie, les nouveaux résidents seront:

  • Sarah Cassandra Raymond
  • Ruthceau  Devilme
  • Evelore Cadet
  • Djoana Dagobert
  • Fidjie Fortune

En Obstétrique gynécologie, ils seront quatre nouveaux résidents :

  • Alexandre Giovanni Bordes
  • Johnny Rubin
  • Larry Morgane Massenat
  • Louine Monpremier

Du coté de Saint-Marc, le programme de résidence en médecine familiale accueillera :

  • Ketfaelle Oline Desrosiers
  • Biaux Chéty
  • Mike Nevsky Jean
  • Refinald Jean Louis
  • Wisly Morency
  • Melouse Remy

Les différents programmes de résidence hospitalière sous la dépendance de l’HUM dédiés aux médecins acceuilleront trente nouveaux résidents avec tout juste 30% de femmes. Elles sont absentes de certaines spécialités comme la chirurgie: 4 hommes, la médecien interne: 5 hommes et la chirurgie : 4 hommes. Elles son en majorité en pédiatrie où elles occupent 80% des 5 places disponibles.

Nous souhaitons du courage et du succès aux nouveaux résidents.

ActMed

 

Vers la formation de nouveaux médecins spécialistes par l’état haïtien.

 Cela fait près de deux ans que l’état haïtien a recruté sa dernière cohorte de diplômés en médecine pour une spécialisation sur le territoire haïtien, janvier 2016.  Les centres voués à cette formation sont : L’hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH), l’Hôpital Universitaire la Paix (HUP), l’Hôpital Universitaire Justinien (HUJ), Le Centre psychiatrique Mars and Klein, La Maternité Isaïe Jeanty et le Sanatorium de Port-au-Prince.

Ces six centres hospitaliers acueillent entre 200 et 300 médecins chaque année pour des cycles de formation de trois ou 4 ans. La chirurgie générale, l’orthopédie et l’urologie sont les spécialisations qui se font en quantre ans. Il faut trois ans pour une specialisation en pédiatrie, oto-rhino-laryngologie, ophtalmologie, obstétrique-gynécologie, anatomopathologie, psychiatrie, médecine interne, radiologie, dermatologie, pneumologie.

Deux ans après avoir accueilli la dernière promotion en date, les inscriptions ont été lancées pour acceuillir de nouveaux résidents au sein des hôpitaux publics du Ministère de la Santé Publique et de la Population. L’admission des jeunes médecins admis en formation pour une spécialisation est sous la responsabilité du décanat de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l’Université d’Etat d’Haïti (FMP/HUEH) et se fera avec un concours.

Les inscriptions ont débuté depuis le lundi 7 août 2017 et prendront fin le mercredi 13 septembre 2017. Le concours est ouvert à tous les médecins qui ont droit à une licence en Haïti. Ce sont donc les médecins issus d’une faculté de médecine qui peuvent certifier qu’ils ont bouclé leur cycle d’étude et qui ont fait le nombre de mois recquis par le Ministère de la Santé Publique et de la Population en service social.

Ceux qui sont intéressés n’ont que trois jours pour s’inscrire. Ils doivent passer au décanat de la FMP entre 9:30 AM et 3:30 PM. Ils devront soumettre deux photos d’identité récentes (format passeport) et l’original de chacune des pieces suivantes et deux copies :

  • Acte de naissance ou extrait des archives
  • Diplôme de docteur en médecine ou une attestation
  • Carnet universitaire
  • Certificat validant l’année de service social
  • Matricule fiscal ou Carte d’Identification Nationale (CIN)
  • Certificat médical
  • Lettre d’homologation (Ce document est nécessaire uniquement pour les diplômés des universités étrangères).

Les médecins qui postulent pour accéder au programme de résidence hospitalière du MSPP doivent payer, avant même le dépôt des pièces, des frais d’inscription de 1500 gourdes en faisant un dépôt au compte : RI/ Faculté de Médecine et de Pharmacie ayant pour numéro 13 6000 3592 à la Banque Nationale de Crédit. Le nom du postulant doit être écrit de manière lisible à la place de la signature du déposant.

Les concours auront lieu le dimanche 17 septembre 2017. Les médecins diplômés des facultés privées d’Haïti et étrangères composeront à 9h AM et ceux diplômés de la Faculté de Médecine et de Pharmacie composeront à 3h PM.

Bon courage à tous ceux qui vont entrer en résidence hospitalière.

ActMed

De nouveaux salaires pour les professionnels de la santé…

Le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) y travaillait et selon les informations qui circulent, la nouvelle grille de salaire des professionnels de la santé est prête.

En général

Des agents d’entretien sanitaire aux directeurs médicaux des hôpitaux départementaux les salaires ont été revisés à la hausse.  Cette augmentation varie de 3000 gourdes à 7 000 gourdes.

Les salaires, selon les postes auront les valeurs suivantes : directeurs médicaux des hôpitaux départementaux : 49000 gourdes, directeurs médicaux des hôpitaux communaux de rérférence : 47500 gourdes, directeurs médicaux des centres de santé : 46000 gourdes, médecins chefs de service: 40000 gourdes, médecins specialistes: 38000 gourdes, médecins généralistes: 34000 gourdes, chirurgiens dentistes: 34000 gourdes, chefs de service des soins infirmiers : 28000 gourdes, infirmières specialistes: 27000 gourdes, infirmières de ligne: 23500 gourdes, pharmaciens: 26000 gourdes, technologistes médicaux: 20000 gourdes, techniciens en radiologie: 20000 gourdes, auxilliaires-infirmières : 19000 gourdes, aides en soin: 15100 gourdes, agents d’entretien sanitaires : 14000 gourdes.

Peu signifiant…

En considérant les valeurs révélées, les agents d’entretien sanitaire ont le plus fort pourcentage  d’augmentation, 27,27 % en passant de 11 000 à 14000 gourdes, ensuite viennent les aides en soin qui passent de 12 100  à 15 000 gourdes avec 24,79% d’augmentation. En valeur absolue, ce sont les médecins specialistes qui ont la plus forte augmentation 7 000 gourdes, 22,58% d’augmentation.

Presqu’insignifiant…

Il y a la catégorie qui a moins de 10% d’augmentation. Ce sont : les directeurs médicaux des hôpitaux départementaux qui ont 6,52% d’augmentation qui voient leurs saleires passer de 46000 à 49 000 gourdes et les directeurs médicaux des centres de santé verront leurs salaires passer de 42 000 à 46 000 gourdes, ce qui fait une augmentation de 9,52%. Les dentistes et les médecins généralistes complètent ce groupe avec 9,68% d’augmentation.

Les ajustements dépassent les 1100 gourdes qui avaient provoqué la dernière grève vécue au niveau des hôpitaux publiques. Ces nouveaux salaires peuvent-ils donner satisfaction? Certaines fonctions ne sont pas mentionnées, il y aurait-il une autre grille en préparation?

ActMed

 

 

Pourquoi il y a encore grève à “l’hôpital général”?

Au sol, plusieurs sachets d’eau vides, des gazes, seringues et gants souillés, des poubelles qui ne sont plus disponibles, d’autres qui débordent. Pas de nouveaux dossiers disponibles: il y a grève à l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH). Le 11 juillet 2017, a débuté à l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH), la grève que des rumeurs ont annoncée à maintes reprises.

Le décor se plante chaque jour un peu plus. Les immondices croissent, la poussière gagne du terrain, les salles sont désertes et des affiches sont ici et là quand on arpente les couloirs de l’HUEH. Elles portent les revendications signées par le syndicat des travailleurs de la santé (STS) de l’HUEH. Cette structure qui regroupe principalement les ouvriers de l’hôpital ne compte pas le personnel soignant (médecins – infirmières) dans ses rangs. Les membres de cette association réclament un meilleur ajustement de leur salaire en faisant référence à des augmentations qu’il y aurait eues pour les autres professionnels oeuvrant dans le domaine de la santé.

Selon les notes, ils ne recevraient que 1100 gourdes d’augmentation de salaire, ce qui est maigre par rapport aux montants reçus par les autres employés. Des montants avancés dans la presse faisant état des salaires des différents professionnels oeuvrant pour le compte  du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) et des ajustements qu’ils auraient. Le MSPP a porté un démenti.  La mauvaise information qui circulait laissait  croire que les chèques des résidents passeraient de 20 000 à 24 000 gourdes. Mais d’où viennent ces chiffres? Le dernier mois pour lequel les résidents ont reçu leurs frais est celui de janvier 2017 et les montants à tirer étaient de 12 600, 13 500, 14 400 et 15 300 gourdes respectivement pour les résidents I, II, III et IV.

Contrairement à ce que suppose une grande partie de la population, le personnel soignant de l’HUEH n’est pas en grève. Les résidents, internes et infirmières continuent à prendre soin des patients encore hospitalisés ou qui attendaient une intervention chirurgicale annulée à cause de la grève. Les nouveaux patients ne peuvent pas voir un médecin à l’HUEH parce que le personnel devant fournir les dossiers (travail administratif indispensable) n’est pas disponible. Les stages des étudiants de la Faculté de Médecine et de Pharmacie sont perturbés. Ceux qui n’ont que l’HUEH comme recours sont livrés à eux mêmes.

Déjà onze jours depuis que la grève du STS sévit à l’hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti, on n’en parle pas beaucoup. La direction dudit hôpital ne se prononce pas. Le STS veut une augmentation de salaire au delà des 1100 gourdes qu’ils ont eu le privilège d’apprendre sans aucun avis officiel. De combien doit-être cette augmentation pour satisfaire les syndicalistes? Le MSPP n’a fait que démentir les salaires et frais divulgués informant qu’il y a une équipe travaillant effectivement sur cette question. Les négociations se feraient-elles en coulisse?

De leurs côtés, les résidents et les internes n’adhèrent pas à ce mouvement de grève. Ils souhaitent une issue rapide à cette crise pour permettre la reprise des activités de l’HUEH tout en espérant que les autorités prennent le temps de trouver des solutions durables pour prévenir la survenue de nouveaux arrêts de travail.

Peterly Philippe

“Financement du système de santé haïtien, état actuel, propositions et perspectives.”

Grève à répétition dans les hôpitaux publics, réclamation d’augmentation de salaires des professionnels de la santé, manque d’intrants dans les hôpitaux, face au faible pourcentage du budget national alloué à la santé, le problème de financement de la santé en Haïti se pose. Ceci devrait être une préoccupation pour chaque Haïtien. Les étudiants de première année du deuxième cycle d’étude médicale (DCEM 1) de la Faculté de Médecine et de Pharmacie – Ecole de Biologie Médicale de l’Université d’Etat d’Haïti  (FMP-EBM / UEH) ont invité des personnalités importantes à débattre du sujet au cours du colloque organisé le jeudi 6 juillet 2017 au sein de la faculté avec le thème : “Financement du système de santé haïtien, état actuel, propositions et perspectives.”

Ce colloque, qui a duré plus 4 heures, a vu suivre les interventions de personnalités de renom devant des étudiants attentifs et des professionnels de la santé toujours désireux de discuter du sujet, de faire valoir leurs opinions, de faire ressortir les problèmes et de proposer des solutions. La commission scientifique de la classe de troisième année présidée par l’étudiant Raema Mimrod Jean a pu réunir le Dr Francisco De La Cruz, ancien sénateur de la république, le Dr Ronald Laroche, le Dr Eddy Labossière , le Dr Rudy Thermidor (représentant du Dr Lauré Adrien), le Dr Emile Herald Charles et l’économiste Etzer Emile.

Tout le monde est d’accord là-dessus: “Le système de santé haïtien a un problème de financement.” Avec des pourcentages autour de 4 et 5% du budget national alloué à la santé ces dernières années, il est clair que la population en souffre. A ce maigre part qu’apporte l’état Haïtien, il y a la contribution des ménages et la subvention considérable des organismes internationaux surtout à travers les ONG. Haïti est loin de respecter les 15% du budget recommandé comme minimum devant être alloué à la santé. Ce pourcentage varie souvent en fonction des accointances du ministre avec le président ou le parlement qui vote le budget. Ce qui constitue un handicap.

A côté du problème de récolte de fonds, il se pose des problèmes majeurs de gestion des ressources dont le secteur dispose. Il existe le problème de continuité dans les projets qui provoque des retours de sommes considérables à des bailleurs quand il y a des changements de personnes à des postes clés. Il y a cette faiblesse dans la coordination et dans l’exécution des tâches. L’auditoire, surtout les plus jeunes, a été surprise d’apprendre que, malgré tout, il peut arriver qu’en fin d’exercice fiscal la totalité du budget alloué ne soit pas ventilée. Il y a peu d’investissement dans le secteur.  Nous avons de grands et beaux locaux qui n’arrivent pas à fonctionner et desservir la population comme il se doit. L’Hopital de l’Université d’Etat d’Haïti est un exemple.

Aujourd’hui Haïti a un système de santé où les hôpitaux publics donnent des soins gratuitement. Mais quels soins? Ils manquent de tout car aux maigres allocations du budget dans le secteur s’ajoute une gestion désastreuse des ressources. Le système octroie des emplois de très mauvaise qualité.  Une grande partie de la population s’oriente vers les structures gérées par les organismes non gouvernementaux et  d’autres payent à l’acte dans les hôpitaux privés. Une très fine tranche de la population est munie d’une carte d’assurance.

Haïti ne peut se permettre de donner des soins de santé gratuitement. Il est important de trouver des solutions permettant à tout le peuple d’avoir accès à des soins de santé de qualité tout en diminuant l’importance de l’implication des ONG dans la prestation des services. L’état doit encourager les investissements privés, s’ouvrir aux innovations et utiliser les nouvelles technologies au mieux pour avoir de meilleurs résultats. L’état doit aider à permettre de munir la population d’une carte d’assurance à des tarifs accessibles et dans le cas écheant subventionner certaines couches de la population pour l’acquisition de cette carte. Telles ont été les propositions.

Au terme de ce colloque qui a suscité beaucoup de questions, l’assemblée est unanime à reconnaître qu’il est urgent de mettre en place d’autres plans. Les organisateurs promettent de rédiger le cahier de charges et de l’acheminer aux autorités concernées.

Félicitations aux étudiants de la DCEM 1 de la FMP-EBM/UEH particulièrement à la commission scientifique pour cette initiative. Aujourd’hui nous avons vraiment besoin de chercher des idées nouvelles dans les espaces dédiés à cet effet : L’université.

Peterly PHILIPPE, MD