Mercredi 14 février 2018, c’est mercredi des cendres. Certains font croire que ce jour là on brûle les masques qui ont servi de déguisement durant le carnaval. A Port-au-Prince, au Champ de Mars, il y a comme un acharnement pour se débarrasser du décor posé pour accueillir les bamboches des trois jours gras.
A dire vrai, certains se sont bien amusés au point de continuer les festivités jusqu’au mercredi tard dans la matinée, des heures après la clôture officielle. Bien que le carnaval soit reconnu comme un moment de défoulement national, il s’accompagne souvent de victimes. Il faut compter : les blessures par arme blanche, par balles, par objet contandant, les crises d’asthme, les crises d’hystérie, les overdoses, ceux qui ont les roues d’un char sur un membre….
Il est du devoir de l’Etat de protéger les citoyens et particulièrement les fêtards. Ainsi, des dispositions ont été prises pour que les personnes en nécessité soient rapidement secourues. On pouvait compter parmi les points d’urgence aménagés, le centre de la Croix Rouge, Le centre du Ministère de la Santé Publique aménagé au kiosque Occide Jeanty et le Stand de soins médicaux de l’Ofatma. De plus, Il y avait des ambulances à proximité du parcours du défilé carnavalesque.
Pas loin de l’ère des festivités, l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH) communément appelé “Hôpital général” a été préparé pour mieux répondre aux besoins des circonstances. La grande salle qui sert d’hospitalisation pour les patients les plus urgents du Service de Médecine Interne a été vidée. Cette salle, avec le réaménagement de l’hôpital pour la reconstruction a été créée pour recevoir les urgences des différents services de l’hôpital.
Ce dimanche gras, premier jour du carnaval, la différence sautait aux yeux. La salle était vide. Les lits étaient couverts de draps blancs. Des bonbonnes d’oxygène si rares d’habitude étaient disponibles. Il se trouvait même dans la salle une étagère donnant accès immédiat à certains matériels de premiers soins. Mêmes des médecins de service étaient debout toute la nuit aux urgences. Le décor était le même pendant les trois jours du carnaval. Les parents des patients n’ont pas eu à faire le tour des pharmacies à proximité de l’hôpital pour se procurer des médicaments.
Une semaine après le carnaval, les cardiaques, victimes d’hypertension ou de diabète mal contrôlés ont totalement repris la salle. Les internes les résidents sont redevenus multitâches. Les parents des malades ont recommencé à trainer leurs prescriptions de gants, solutés ou autres dans les pharmacies à l’extérieur de l’hôpital. Les draps blancs ont disparu, laissant à nu les matelas sales à la charge des parents des patients.
Les changements n’étaient pas permanents. Faut croire que les draps, les intrants et matériels qui se trouvaient sur place ne constituaient pas le témoignage de la bonne marche de l’hôpital mais les déguisements qui vont de pair avec le carnaval. L’HUEH a lui aussi porté ses couleurs des trois jours gras.
Peterly Philippe